La langue maternelle / The mother tongue

Revisiter les lieux de mémoire, au propre et au figuré m'est essentiel pour comprendre d'où je viens et interroger le Qui suis-je comme un moteur d'imagination et d'ouverture.

Je mets en scène des "objets" liés à mon parcours de vie qui ont imprégnés ma mémoire. Ces objets mémoriels deviennent les dépositaires d’une histoire personnelle. Ils en sont les marqueurs. Ils parlent du corps, du cœur, de l'être, des liens qui nous unissent ou nous séparent. Des modèles et des anti-modèles transmis dans le contexte familial et sociétal.

En même temps, ces images repensées me donnent une lecture plus complexe de mon histoire. Des part inconscientes affleurent et racontent une version en lien avec le présent. Une alchimie s'opère, ce qui était séparé et incompatible devient un laboratoire de tous les possibles.

Quand je photographie les pâtes, c’est un hommage à ma culture italienne transmise du côté maternel. Parmi les moments de grand bonheur au sein de ma famille, la fabrication des pâtes avec ma mère et ma grand-mère tenait une place de choix. C’était un moment de communion où les drames familiaux s'estompaient. C’est la raison pour laquelle j'associe ce rituel à la "langue maternelle" dans son sens le plus large et le plus noble. Ce travail rend hommage à cette transmission mère-fille ou tout simplement entre femmes qui nourrit les liens d'appartenance et rend hommage par là même à toutes les femmes nourricières, à cette capacité de générosité qu’elles apportent au monde.
 

Revisiting places of memory, literally and figuratively, is essential for me to understand where I come from and to question the Who Am I as an engine of imagination and openness.

 

I stage "objects" linked to my life (bread, pasta, sheets, etc.) which have imprinted my memory and which still resonate today. These objects become the depository of a personal history. They are the markers of it. They speak of the body, the heart, the being, the links that unite or separate us. Models and anti-models transmitted in my family and societal context.

At the same time, these rethought images give me a more complex reading of my history. Unconscious parts emerge and tell a version in connection with the present. An alchemy takes place, what was separate and incompatible becomes a laboratory of all possibilities.

 

When I photograph pasta, it is a tribute to my Italian culture passed down from my mother's side. The making of pasta with my mother and grandmother held a special place. It was a moment of communion where family dramas faded away. This is why I associate this ritual with the "mother tongue" in its broadest and noblest sense. This work pays homage to the mother-daughter transmission that nourishes the bonds of belonging and pays homage to all nurturing women, to the capacity for generosity that they give to the world.

Provisional English translation : www.deepl.com/fr/translator

La pasta d'oro  

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La Pasta d'oro, installation © Suzanne Schnurrenberger

Les beaux draps

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Les beaux draps, installation
 

Les beaux draps © Suzanne Schnurrenberger

Le pain pas perdu

Pain de seigle, emblématique du canton du Valais en Suisse

Emblematic bread from the canton of Valais in Switzerland

L'importance du pain de seigle dans l'alimentation des valaisans est attestée par des écrits datant de 1209 déjà. Le seigle est la seule céréale à pouvoir s'adapter aux conditions climatiques extrêmes ainsi qu'aux altitudes élevées. Dans les villages, le four qui servait à la fabrication collective du pain était chauffé deux ou trois fois par an. Ce produit rustique permettant une longue conservation était essentiel pour les habitants des vallées. Aujourd'hui, ce pain préparé par les artisans boulangers maintient la culture du seigle en Valais et sauvegarde les paysages.

The importance of rye bread in the daily diet of the Valaisans* is attested by writings dating back to 1209. Rye is the only cereal that can adapt to extreme weather conditions and high altitudes. In the villages, the oven used for the collective production of bread was heated two or three times a year. This rustic product, which allows for long conservation, was essential for the inhabitants of the valleys. Today, this bread made by artisan bakers maintains the culture of rye in Valais and preserves the landscape.

* Name given to the inhabitants of the Valais.

(Références : http://www.paindeseiglevalaisan.ch)

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Le pain pas perdu, 5 photographies / The bread not lost, 5 photographs © Suzanne Schnurrenberger

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